Chronologie de Talleyrand


Une vie au cœur de l'histoire européenne

Né sous Louis XV et mort sous la monarchie de Juillet, Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord traversa la Révolution, le Directoire, le Consulat, l'Empire et les deux Restaurations. Ministre, homme politique et ambassadeur, il participa pendant près d'un demi-siècle aux grandes transformations politiques et diplomatiques de la France et de l'Europe.

Formation et carrière ecclésiastique (1754-1788)

2 février 1754 : Naissance à Paris
Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord naît rue Garancière, derrière l'église Saint-Sulpice, dans une ancienne famille de la noblesse française.

1762 : Entrée au collège d'Harcourt
Il poursuit ses études dans l'un des principaux collèges parisiens et y noue notamment une amitié durable avec Choiseul-Gouffier.

1770 : Séminaire de Saint-Sulpice
Destiné à l'Église par sa famille, il entre au séminaire de Saint-Sulpice.

18 décembre 1779 : Ordination sacerdotale
Il est ordonné prêtre à Reims et devient dès le lendemain vicaire général du diocèse.

1780 : Agent général du clergé
À vingt-six ans, il est chargé de défendre les intérêts administratifs et financiers du clergé de France.

2 novembre 1788 : Évêque d'Autun
Louis XVI le nomme évêque d'Autun. Son sacre a lieu le 4 janvier 1789.

Révolution, rupture avec l'Église et exil (1789-1796)

3 avril 1789 : Député aux États généraux

Élu député du clergé du bailliage d'Autun aux États généraux, il gagne Versailles. Le 21 juin, il rejoint les députés du tiers état réunis en Assemblée nationale.

10 octobre 1789 : Proposition sur les biens du clergé
Il propose que les biens ecclésiastiques soient mis à la disposition de la nation, mesure majeure de la Révolution.

14 juillet 1790 : Fête de la Fédération
Il célèbre la messe au Champ-de-Mars devant le roi, l'Assemblée nationale et plusieurs centaines de milliers de personnes.

13 janvier 1791 : Démission de l'évêché d'Autun
Après avoir prêté serment à la Constitution civile du clergé et consacré des évêques constitutionnels, il renonce officiellement à son siège épiscopal.

1792 : Mission diplomatique à Londres
Il est envoyé en Angleterre afin de tenter de préserver la paix entre la France révolutionnaire et la Grande-Bretagne.

1794-1796 : Exil aux États-Unis
Expulsé d'Angleterre, il séjourne à Philadelphie et voyage en Amérique du Nord. Cette expérience nourrit sa réflexion sur le commerce et la puissance américaine.

20 septembre 1796 : Retour en France
Radié de la liste des émigrés, il revient à Paris.

Le ministre des Relations extérieures (1797-1807)

16 juillet 1797 : Premier ministère
Talleyrand est nommé ministre des Relations extérieures du Directoire et s'installe à l'hôtel de Galliffet.

6 décembre 1797 : Première rencontre avec Bonaparte
Il reçoit le jeune général victorieux de la campagne d'Italie dans les salons de son ministère.

9 novembre 1799 : Coup d'État du 18 Brumaire
Talleyrand participe au coup d'État qui porte Bonaparte au pouvoir et retrouve quelques jours plus tard le ministère des Relations extérieures.

1801-1802 : Paix et retour à l'état laïc
Il participe à la politique de pacification du Consulat. Le pape Pie VII le relève de ses obligations ecclésiastiques en 1802.

7 mai 1803 : Acquisition de Valençay
Talleyrand achète le domaine de Valençay, qui devient sa principale résidence et demeure attaché à sa mémoire.

11 juillet 1804 : Grand chambellan de l'Empire
Napoléon lui confie l'une des plus importantes dignités de la Cour impériale.

27 décembre 1805 : Paix de Presbourg
Après la victoire d'Austerlitz, Talleyrand signe le traité conclu entre la France et l'Autriche.

5 juin 1806 : Prince de Bénévent
Napoléon lui accorde la principauté de Bénévent et le titre de prince.

7-9 juillet 1807 : Traités de Tilsit
Il participe aux négociations avec la Russie et la Prusse. Un mois plus tard, en désaccord croissant avec la politique de conquête de Napoléon, il quitte le ministère.

9 août 1807 : Vice-grand-électeur de l'Empire

Après sa démission du ministère des Relations extérieures, Talleyrand reçoit la dignité de vice-grand-électeur, l'une des grandes charges de l'Empire. Il demeure ainsi au sommet de la hiérarchie impériale malgré son éloignement progressif de Napoléon.

De la rupture avec Napoléon au congrès de Vienne (1808-1815)

Septembre-octobre 1808 : Entrevue d'Erfurt
À Erfurt, Talleyrand entretient des échanges confidentiels avec le tsar Alexandre Ier et prend ses distances avec la politique napoléonienne.

5 mars 1812 : Acquisition de l'hôtel de Saint-Florentin
Talleyrand acquiert l'hôtel de Saint-Florentin, où il s'installe le mois suivant. La demeure devient sa principale résidence parisienne et un haut lieu de la vie politique et diplomatique.

31 mars 1814 : Les Alliés à Paris

Après l'entrée des Alliés dans la capitale, le tsar Alexandre Ier s'installe dans l'hôtel de Talleyrand, qui devient le centre des négociations sur l'avenir politique de la France.

1er avril 1814 : Président du Gouvernement provisoire

Talleyrand est désigné par le Sénat pour présider le Gouvernement provisoire. Il joue alors un rôle déterminant dans la déchéance de Napoléon et le retour des Bourbons.

13 mai 1814 : Ministre des Affaires étrangères
Louis XVIII le nomme à la tête de la diplomatie française.

Septembre 1814-juin 1815 : Congrès de Vienne
Talleyrand défend le principe de légitimité et parvient à réintroduire la France dans le concert des grandes puissances européennes.

9 juin 1815 : Acte final du congrès de Vienne
Il signe l'Acte final qui réorganise durablement l'Europe après les guerres révolutionnaires et napoléoniennes.

9 juillet 1815 : Président du Conseil des ministres
Après la seconde abdication de Napoléon, il dirige brièvement le gouvernement de Louis XVIII avant de démissionner en septembre.

Retraite politique et dernière mission diplomatique (1816-1838)

1816 : Retour à Valençay
Après plusieurs années d'absence, Talleyrand revient dans son domaine, où il séjourne régulièrement avec la duchesse de Dino.

1828 : Rochecotte
La duchesse de Dino acquiert le château de Rochecotte, qui devient l'une des résidences privilégiées des dernières années de Talleyrand.

6 septembre 1830 : Ambassadeur à Londres
À soixante-seize ans, il accepte une dernière mission diplomatique au service de Louis-Philippe.

20 janvier 1831 : Neutralité de la Belgique
La conférence de Londres reconnaît le principe d'un État belge indépendant et perpétuellement neutre, auquel Talleyrand apporte une contribution décisive.

15 novembre 1831 : Traité sur l'indépendance belge
Les grandes puissances européennes signent le traité reconnaissant l'indépendance et la neutralité de la Belgique.

22 avril 1834 : Quadruple Alliance
Talleyrand signe au nom de la France l'alliance conclue avec le Royaume-Uni, l'Espagne et le Portugal.

13 novembre 1834 : Retraite diplomatique
Il remet sa démission d'ambassadeur et se retire définitivement de la vie publique.

3 mars 1838 : Éloge du comte de Reinhard
À l'Académie des sciences morales et politiques, il prononce son dernier grand discours, consacré à la diplomatie.

17 mai 1838 : Mort à Paris
Après avoir signé une déclaration de réconciliation avec l'Église, Talleyrand meurt dans son hôtel de la rue Saint-Florentin, à l'âge de quatre-vingt-quatre ans.

5 septembre 1838 : Inhumation à Valençay
Sa dépouille est définitivement déposée dans la chapelle qu'il avait fait construire à Valençay.