Talleyrand dans la presse de l'époque


« On hésitait cependant encore, on était épouvanté du grand sacrifice qu'on allait demander au nom de la Patrie [...]. Ce fut un évêque qui osa porter le premier coup au colosse sacré : ce prélat, le plus jeune, le plus intrépide et le plus éclairé du collège épiscopal, était M. de Talleyrand-Périgord, alors évêque d'Autun. Il proposa hautement à l'Assemblée de chercher dans l'aliénation de l'universalité des biens de clergé un remède aux maux du royaume. »

Gazette nationale ou le Moniteur universel, 9 novembre 1789

« M. Talleyrand a continué son superbe rapport sur l'éducation publique [...]. [Il] appelle l'émulation des esprits nerveux, afin qu'ils développent leur force pour le bonheur de notre patrie [...]. Que les livres élémentaires inondent de connaissances toutes les classes de la société ; que tous les citoyens s'essayent à ce qui leur est convenable d'exercer, et qu'on ne soit plus guerrier ou magistrat en naissant. »

Mercure universel, 12 septembre 1791

« Il était impossible de faire un choix plus propre à réaliser les espérances de paix qui se répandent de toutes parts. Talleyrand aurait fait depuis longtemps la paix, s'il n'avait eu à surmonter que les obstacles qu'y mettaient les puissances étrangères. Mais comment pouvait-il triompher de l'absurde politique et de l'extravagante ambition de la majorité des anciens directeurs, qui faisaient tout ce qu'il fallait pour éterniser la guerre, en révolutionnant tous les pays où nous pouvions entrer ? »

L'Ami des lois, ou Mémorial politique et littéraire, 25 novembre 1799

« Le prince de Talleyrand a présenté plusieurs notes qui sont dictées par une modération pleine de fermeté et qui ont réuni les suffrages des principales puissances. Tous les hommes d'Etat sont enfin convaincus qu'il est sage de calmer la France et qu'il serait dangereux pour l'Europe de l'affaiblir. »

Journal Royal, 23 novembre 1814

« Un maire de village aura ordonné une détention arbitraire contre un pauvre paysan, sera-t-il assez maladroit pour en donner l'ordre par écrit et pour laisser des traces de sa petite tyrannie ?

Si pourtant, pour tous ces délits et pour tant d'autres qu'il serait trop long d'énoncer, vous refusez à l'écrivain qui les publie la preuve testimoniale, n'est-ce pas l'impunité que vous votez, et par l'impunité l'encouragement au crime ? »

Journal du Cher, 2 mars 1822

« La vie de M. de Talleyrand, c'est l'histoire de toutes les roueries diplomatiques, de toutes les immoralités, de tous les marchés honteux, de toutes les turpitudes politiques que vous pourrez recueillir dans nos annales depuis quarante-cinq ans [...]. Ne croyant à rien, pas même à lui-même [...], c'est bien un Méphistophélès politique que cet homme qui faisait le mal, non par aveuglement, non par conviction, mais sciemment, à tête reposée. »

La Quotidienne, 5 novembre 1834

« M. de Talleyrand aura dans l'histoire une grande place. Il en avait en Europe une immense. Sa renommée dominait la politique européenne, et c'était pour la France une force considérable. Préoccupés de nos petits débats, nous ne savons pas assez quand il meurt un de ces hommes qui se sont maintenus grands à travers toutes nos révolutions, quelle puissance nous perdons en Europe ; nous ne savons pas assez qu'en vain pour suppléer à la perte de pareils hommes, nous réunirions tous nos hommes influents ; ce n'est point, hélas ! avec nos roseaux d'un jour que nous pourrions remplacer les chênes de la forêt. »

Journal des débats politiques et littéraires, 21 mai 1838


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